Le jour où j’ai cessé de tout porter sur mes épaules …

Le jour où j’ai cessé de tout porter sur mes épaules …

Depuis fort longtemps, j’ai toujours eu porté sur mes épaules, plus que mon poids, plus que mes propres fardeaux et bien trop par rapport à que ce je pouvais endosser… Tout d’abord, j’ai toujours été dure avec moi-même, laissant très peu de place aux émotions, aux pleurs ou bien même à la colère. Bien rodée, une véritable machine avec un seul mot en tête : AVANCE , peu importe ce qu’il se passe autour de toi, peu importe ce que tu vis, peu importe les tempêtes, les soleils…

Juste avancer, comme si la vie était devenue une « tâche à accomplir », je ne vivais plus, tout était automatisé.

Je portais alors mes peines, car je ne me penchais jamais dessus pour m’en libérer et aussi mes colères refoulées, piétinées, qui ne pouvant s’exprimer rajoutait un poids considérable sur mes épaules et comme cela ne suffisait pas, je portais l’injustice qui pourtant me fait mettre hors de moi. Je portais l’injustice oui, car je portais les erreurs des autres, leur responsabilité, leur conscience à apaiser, leur vie…

Jusqu’au jour où j’ai compris que je ne pouvais pas tout porter, que je passais à côté de mon existence, que des choses ne m’appartenaient pas et qu’il était grand temps de me pencher sur celles qui m’appartenaient pour m’en LIBÉRER… Nous aspirons tous à une certaine légèreté dans nos vies mais concrètement que faisons nous vraiment pour ?

Il m’a fallu des années pour cesser de crouler sous toutes ces choses auxquelles je ne voulais pas porter attention, pensant que ça nuirait à mon bien-être alors que c’était tout l’inverse et bien plus longtemps encore pour cesser de porter la vie des autres, cesser de me faire passer au second rang, faire de moi une priorité, ma priorité.

Bien sûr, cela ne s’est pas fait sans mal… Je te partage ici une des situations les plus marquantes dont j’ai réussi à me libérer, non sans beaucoup de difficulté mais crois moi, cela en valait la peine, ma vie n’est plus la même depuis…

J’ai pensé pendant plus de 20 ans que je devais taire l’inceste dont j’avais été victime, car j’avais honte et j’avais peur, bien sûr plus petite, je n’avais pas le discernement nécessaire pour comprendre et encore moins pour parler, puis en grandissant cela s’est transformé en croyances erronées et en schémas de pensées qui m’ont empêché de pouvoir raisonner de manière raisonnée justement.

Jusqu’à la naissance de ma fille où j’ai compris que cet événement du passé aussi tragique soit-il ne devait en aucun cas avoir des répercussions sur sa vie ! Car c’était bien ce qu’il était entrain de se passer. J’étais complètement perdue et anéantie dans mon rôle de maman et cela perturbait sérieusement notre quotidien.

L’amour pour ma fille m’a transcender, je voulais son bonheur et j’ai compris que celui-ci passait invariablement par le mien.

Lui avoir donné la vie, m’a rappelé à quel point cet événement du passé m’avait dévastée, détruite, brisée. Je décidais alors de me reconstruire, de renouer avec moi-même, avec celle que je suis vraiment, pour faire entrer la paix dans ma vie, dans nos vies et aussi et surtout dans celle de ma fille.

J’ai compris à travers elle que ce qui étais de la responsabilité des autres ne devaient pas continuer de nous faire souffrir ainsi et qu’il était de ma responsabilité de m’en libérer. Cela a du passer par l’acceptation de ce qui c’était passé, pas l’acceptation dans le sens où j’approuvais les faits mais l’acceptation dans le sens, où j’ouvrais alors les yeux sur une réalité, sur quelque chose qui s’est bien produit aussi impensable soit-il, oui cela a eu lieu.

A partir de là il me fallait mettre des mots dessus… injuste, cruel, incompréhensible, traumatisant et aussi mettre des mots sur mes émotions de colère, de peur, d’abandon, de détresse, de paralysie… Sortir tout cela et surtout casser ce secret qui dans un sens, du fait que nous n’en parlions pas, venait légitimer ce qui ne l’était en aucun cas! Il fallait en parler, le reconnaître comme tel, mettre les mots dessus, pour avancer, pour m’en libérer.

Je portais les fautes et responsabilités d’un autre, il était temps de rétablir la vérité et de remettre chacun à sa juste place d’un événement dont j’avais été une victime, oui à l’âge de 6 ans , j’ai été victime de cela mais au jour d’aujourd’hui, je veux reprendre le plein pouvoir de ma vie, mon autonomie et m’accomplir pleinement sans ce terrible poids que je portais sur les épaules.

Où je veux en venir ici, c’est que parfois nous cherchons à épargner les autres, à se protéger de la peur ou du regard de ceux qui nous entourent mais c’est très justement ce qui nous empêche d’avancer, car en faisant ainsi, on se ferme à une part de nous mêmes et par conséquent à la vie qui nous correspond et dans laquelle nous pouvons nous épanouir.

Nous ne pouvons pas tout porter et quand nous sentons un poids sur nos épaules, interrogeons nous sur ce qu’il vient réveiller en nous, lequel est-il précisément ? Pouvons nous l’alléger ? S’en délester ?

Au delà de ce traumatisme vécu dans l’enfance et de l’épreuve de la maladie quelques années plus tard, j’avais ancré en quelque sorte en moi ce statut de victime, de l’ordre de la résignation, c’est ainsi, il n’y a rien à faire, j’ai subi, je porte encore et encore et je deviens un aimant à coup dur…

J’avais pourtant en moi le pouvoir de « transformer » tout ça.

J’étais sur le bon chemin, j’avais le bon plan de la carte entre les mains, mais je tournais en rond, je faisais demi-tour, je ne voulais pas emprunter cette route qui se dessinait en face de moi. Tellement de croyances et de blocages en moi , m’empêchait d’accéder à ce que je souhaitais vraiment.

Je pensais qu’en étant moi-même et en vivant véritablement mes émotions, je serais rejetée, que plus rien n’irait dans ma vie et aussi j’avais peur de la lumière, de ma propre lumière,de mon plein potentiel et de ce bonheur qui n’attendait que moi…

Bonheur que je ne pensais pas mériter… Depuis toute petite je ne savais uniquement gérer ma vie qu’en faisant face à des situations injustes et difficiles, je crois que d’une certaine manière, je ne savais pas faire autrement.

C’était mon véritable schéma de pensée, tout porter, subir, se taire, endosser et le pire de tout, faire bonne mine, comme si de rien n’était, sourire, toujours… Puis un jour on comprend qu’il y a vraiment des choses qui ne nous appartiennent pas, que nous sommes humains et faits d’émotions, émotions que l’on a droit de ressentir et d’exprimer, de ne pas porter la responsabilité des fautes des autres sur nos épaules , pour notre bonheur et pour celui de ceux qui nous sont chères.

Quand je portais tout, je laissais peu de place à la joie, j’étais facilement irritable et en plus d’être dure avec moi-même, je l’étais avec les autres… Je m’imposais tellement de choses avec une si grande dureté que pour moi, les autres devaient en faire autant, cela faisait naître de l’incompréhension en moi et au sein de mes relations. C’était devenu un poison pour tout le monde. Tout était sous contrôle… Et surtout tout était prêt à exploser et en soi, c’est libérateur les explosions mais encore faut-il en tirer un bénéfice et s’en servir pour rebondir, véritablement, une fois pour toute !

 

Comment se libérer me diras tu ?

En accueillant et en changeant de cadre, en voyant les choses sous un autre angle. Tout d’abord accueillir pleinement, c’est ressentir cette émotion qui nous traverse, la définir, la reconnaître et admettre que nous sommes entrain de la vivre, qu’il n’y a rien de mal à cela. La société actuelle nous a couper de notre vraie nature et de nos émotions, à nous de rétablir ce lien, d’arrêter de nous juger, de nous blâmer, de nous négliger, écoutons nous !

Lorsque l’on s’écoute, tout prend sens, l’origine de nos réactions, la place de nos émotions et comment les vivre. Les vivre pour mieux s’en libérer … Le plus naturellement possible avec beaucoup de bienveillance comme on le ferait pour un enfant, nos besoins en tant qu’être humain ne cesse pas une fois passé l’âge adulte.

Nous avons tous besoin de calme, de réconfort, d’écoute, et de pouvoir s’exprimer, d’extérioriser ce qui a besoin de l’être et plus que tout de VIVRE, de renouer avec notre joie, notre âme d’enfant qui elle ne demande que ça…

As tu remarqué quand tu es dans la joie à quel point tout devient plus léger ? Que te faudrait-il pour accéder à cela ? Poses toi les bonnes questions.

Qu’est-ce qui te rend heureux et que fais tu dans ce sens ?
Qu’est ce qui te bloque et que fais tu pour t’en libérer ?

 

Aucun problème ne peut-être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré.

Einstein

 


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